Comment sont apparues les festas juninas ?

Il y a deux hypothèses à l’origine de la « festa junina ». La première explique qu’elle est née des festivités, principalement religieuses, qui ont eu lieu, et se produisent encore, au cours du mois de juin. Ces fêtes honorent trois Saints catholiques : Saint-Antoine (le 12 juin), Saint-Jean le Baptiste (le 24) et Saint-Pierre (le 29). Pour ces raisons, les festivités commencent le 12 juin et se terminent le 29 juin. Une autre version dit que ce festival vient de pays d’Europe faitant le solstice d’été comme la Midsommar en Suède (pour en savoir plus sur cette fête traditionnelle suèdoise cliquez ici).

Néanmoins il est à noter que l’origine des célébrations du mois de juin est antérieure à l’ère chrétienne. Divers peuples de l’Antiquité ont profité de l’occasion pour organiser des rituels dans lesquels ils demandaient l’abondance dans les cultures – celtique, nordique, égyptienne, hébraïque. « En Europe, les cultes de fertilité en juin se sont reproduits jusque vers le Xe siècle. Comme l’église n’a pas pu les combattre, elle a décidé de les christianiser, instituant des jours d’hommage aux trois saints le même mois », explique l’anthropologue Lucia Helena Rangel, de l’Université pontificale catholique de São Paulo (PUC-SP).

Selon les historiens, la festa junina a été importée au Brésil par les jésuites portugais pendant la période coloniale. Cette commémoration s’est alors mélangée avec les rites des indiens natifs. Notons que la France a également influencé as festas junina à travers la danse marquée, caractéristique typique des danses nobles et qui, au Brésil, a grandement influencé les danses appelée quadrillas. La tradition des feux d’artifice, d’autre part, est venue de Chine où la manipulation de la poudre à canon pour les feux d’artifice est née. La danse des rubans proviendrait de la péninsule ibérique, très courante au Portugal et en Espagne.

 

Caractéristiques de la festa junina

De nombreuses traditions accompagnent les festas juninas, de la décoration traditionnelle, des danses, des jeux et de la nourriture. Découvrez les plus importants ci-dessous.

1. Nourriture et boissons
Les spécialités les plus traditionnelles de la festa junina sont : pop-corn, paçoca (friandise à base de cacahuète, de farine de manioc et de sucre), pé de moleque (bonbon composé d’arachides et de mélasse), canjica (bouillie de maïs blancs cuits avec du lait, du sucre et de la cannelle), hot-dog, pamonha (pâte à base de bouillie de maïs sucré enveloppée dans des feuilles de maïs), curau (crème pâtissière à base de jus de maïs non mûr, cuit avec du lait et du sucre), gâteau de maïs, riz au lait, pignons, couscous et tapioca. Le maïs est omni présent dans les recettes juninas, car sa cueillette coïncide avec la période des festivités.

Les boissons les plus traditionnelles sont : le vin chaud et le quentão.

Retrouvez les recettes du quentão et du gâteau de maïs au bas de l’article.

 

2. Danses typiques
Pendant les festivités, le forró (en savoir plus sur cette danse) est joué et dansé.  Cependant, la danse traditionelle est la quadrilha junina. La quadrille (quadrilha) danse de bal aristocratique à la mode à partir du 19e siècle tient ses origines en Europe notamment avec la contre danse (danse en vis à vis) qui sous une forme simplifiée et standadisée donnera naissance à la quadrilha, considérée aujourd’hui comme une danse folklorique.

Au Brésil, elle sera importée par  la cour portuguaise en 1808. La quadrilha gagnera le coeur des brésiliens grâce à ses rythmes syncopés et atteindra les quatre coins du pays.  La quadrilha perdra son formalisme aristocratique de salon pour devenir populaire. Cette danse est une sorte de jeu de couple basée sur les coutumes paysannes.

 

3. Lanternes et feu de joie
Les lanternes de papier sont traditionnelles, elles indiquent le début des célébrations juninas. Le feu de joie fait également partie de la scène de la fête. D’origine païenne, il symbolise la protection contre les mauvais esprits. La tradition a été maintenue par les catholiques, qui ont dédié un type de feu différent à chaque Saint : le carré à Saint-Antoine ; le rond à Saint-Jean et le triangle à Saint-Pierre.

 

4. Décoration et costumes
En ce qui concerne la décoration, l’élément incontournable est la bandrole de petits fanions traditionnels. Très colorés, ils donnent un charme festif et populaire à l’environnement. Tous les motifs sont admis à conditions qu’ils soient joyeux, il en va de même pour les rubans, les fleurs et la paille de maïs.

Dans une authentique festa junina, il ne suffit pas que l’environnement soit correctement décoré, les participants doivent également être habillés pour l’occasion. Pour les messieurs, la chemise à carreaux traditionnelle et le chapeau de paille ne peuvent pas manquer. Le pantalon lui doit être agrémenté de morceaux de tissus racommodés.

Pour les femmes, l’idéal est d’opter pour des robes fleuries, aux couleurs vives, avec volants et dentelles. Les deux sexes peuvent compléter leurs costumes avec le maquillage: moustache pour les messieurs et  taches de rousseur les joues pour les dames.

 

 

Malgré le confinement nous vous souhaitons de très bonnes fêtes juninas à la maison.

 


Recette du Quentão

  • Ingrédients
    • 600 ml de cachaça
    • 600 ml d’eau
    • 500 g de sucre
    • épluchures de 2 oranges
    • épluchures d’un citron
    • 50 g de gingembre en petits cubes
    • 1 pomme en petits cubes
    • clou de girofles et canelle selon vos goûts
  • Préparation
    1. Placer dans une casserole le sucre, les épluchures, le gingembre et les épices
    2. Lorsque le sucre commence à fondre, verser l’eau et la cachaça et laisser cuire à feu doux pendant 20 minutes
    3. Filter la préparation et ajouter les cubes de pomme
    4. Servir chaud

 

Recette du gâteau de maïs

  • Ingrédients
    • 1 boite de maïs doux
    • Huile végétale une même mesure que la boite de maïs
    • Sucre une même mesure que la boite de maïs
    • Fubá ou farine de maïs une même mesure que la boite de maïs
    • 4 oeufs
    • 2 cuillères à soupe de farine de blé
    • 2 cuillères à soupe de coco râpé
    • 1 cuillère à soupe de levure
  • Préparation
    1. Pré-chauffer le four à 180 degrés
    2. Mixer au robot le maïs, l’huile, le sucre, la fubá, les oeufs et la farine de blé puis battre au fouet jusqu’à obtenir une consistance crémeuse
    3. Additionner le coco râpé et la levure et battre au fouet de nouveau
    4. Placer la préparation dans un moule beurré et cuire pendant 40 minutes